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En Jeu. Histoire et mémoires vivantes n°4

unnamed (53)Fin des camps – Libérations des déportés

Dossier coordonné par Michel Fabréguet, Peter Kuon et Yves Lescure

À la veille du 70e anniversaire des libérations des camps, le dossier que nous ouvrons aborde des aspects peu connus de la fin du système concentrationnaire nazi.
Daniel Blatman étudie le processus, les acteurs et les enchaînements des évacuations et marches de la mort, notant que, dans cette phase ultime, la distinction entre les populations visées jusque-là par le génocide et les autres catégories de détenus ne tient plus, les juifs formant un groupe, numériquement important, parmi les autres. Du côté des bourreaux, il en vient à conclure : « Il semble qu’il n’y ait jamais eu tout au long du génocide nazi un pouvoir aussi étendu placé entre les mains d’autant d’individus qui avaient la possibilité d’assassiner ou non selon leur bon vouloir. » Detlef Garbe décrit ensuite la complexité du processus de liquidation du complexe de Neuengamme avant l’arrivée des Anglo-Saxons, ses phases alternées d’évacuation et de regroupements de détenus dans des camps « mouroirs », une libération anticipée de Scandinaves au terme de tractations entre Himmler et Bernadotte, son lot de massacres (politiques et enfants cobayes à faire disparaître) et sa tragédie finale en baie de Lübeck, les feux de l’aviation britannique coulant les navires d’où des milliers de détenus furent précipités dans les eaux glacées de la Baltique. Peter Kuon analyse vingt-six témoignages de survivants français et la représentation qu’ils donnent de la libération de Mauthausen, certains (Pierre Daix et Michel de Boüard) contribuant à la construction d’un récit mythique de la libération. Alexander Prenninger revient sur les événements traumatisants de l’évacuation du camp annexe de Melk vers le camp central de Mauthausen et le camp annexe d’Ebensee, transformé en camp-mouroir, en avril 1945.
Éric Monnier et Brigitte Exchaquet-Monnier se sont intéressés au sort de rescapées françaises accueillies en Suisse. Ils analysent le comportement de ces femmes, tiraillées entre les exigences contradictoires de l’oubli et du témoignage, ainsi que la différence de considération accordée au retour à deux sœurs, l’une déportée résistante et l’autre déportée juive (Denise et Simone Jacob). Jacques Aron, dans la rubrique Varia, nous ramène à Weimar en retraçant les circonstances qui ont conduit à l’assassinat d’un universitaire juif allemand, Theodor Lessing, qui s’était élevé contre l’élection d’Hindenburg. Pour nourrir la réflexion didactique et pédagogique, Laurence De Cock et Charles Heimberg jettent un regard critique sur l’injonction mémorielle en milieu scolaire, et la journée du 27 janvier consacrée à une réflexion sur la « mémoire », centrée sur l’issue de la criminalité de masse, au détriment de l’étude/compréhension des processus qui l’ont rendue possible.
Bertrand Hamelin, pour finir, présente et commente avec pertinence le travail pionnier d’historiographie sociale réalisé par Nicolas Mariot sur les intellectuels combattants pendant la Première Guerre mondiale.

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