
Ce transport est le dernier au départ de France vers l’Allemagne. Il est constitué alors même que les
Allemands se retirent. En effet, Mulhouse et ses environs immédiats sont libérés le 20 janvier 1945, tandis
que Colmar n’est libéré que le 2 février. Seul le nord de l’Alsace est encore occupé, notamment au nord de
Haguenau. Le 21 mars 1945, l’Alsace Lorraine tout entière est libérée.
Le 31 janvier 1945 une grande rafle est organisée dans les villages des cantons de Wintzenheim et de la
vallée de Munster, entraînant l’arrestation de plusieurs dizaines de personnes et visant principalement les
FFI et les personnes soupçonnées d’être en relation avec les milieux résistants ou suspectées de
sentiments anti-nazis.
Ainsi une trentaine de personnes du groupe Georges Graff et des membres des Forces Françaises de
l’Intérieur de Munster sont arrêtés et emmenés le jour même à Rouffach. A Wihr-au-Val, à 5 heures du
matin, sur ordre de la Gestapo de Colmar, une compagnie de SS encercle la commune. La police du
Sicherheitsdienst arrête tous les habitants du village pour finalement, après vérification, maintenir
l’arrestation de 4 hommes et 7 femmes qui sont par la suite déportés. Les agents de la Gestapo
possédaient une liste mentionnant les noms de membres du réseau Paul-Marcel dirigé par l’abbé Paul
Vuillemin de Zimmerbach. Il y avait en effet à Wihr-au-Val, un petit groupe de résistance qui s’occupait
tout spécialement de l’hébergement, du ravitaillement et du passage en France de prisonniers de guerre
français évadés.
D’autres arrestations ont lieu les 29, 30 et 31 janvier dans les communes de Eguisheim, Gunsbach,
Rouffach, Stosswihr, et Zimmerbach.
A Husseren-les-Châteaux, ce sont encore 10 citoyens de la localité que l’on arrête, tous étant suspectés
d’avoir hébergé ou ravitaillé des déserteurs alsaciens de la Wehrmacht, qui se tenaient cachés dans la
région.
Le 31 janvier 1945, toutes ces personnes, 51 hommes et 13 femmes, sont regroupées dans l’hôpital
psychiatrique de Rouffach ou elles passent deux nuits. Elles sont ensuite transférées à la hâte, le 2 février
1945, à la prison de Fribourg-sur-Bade pour un jour ou deux, puis acheminées vers les camps de Haslach
et Gaggenau, où elles ne restent pas a cause du manque de place. Elles sont finalement envoyées à
Niederbuhl et Soulz-sur-Neckar, où elles sont libérées.

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