Le 14 mai 1941, à l’initiative des autorités allemandes d’occupation, la police française réalise la première arrestation massive des Juifs à Paris.
Cette rafle touche essentiellement des Juifs d’Europe de l’Est ayant trouvé refuge en France pendant l’entre-deux-guerres. Elle est dite du « billet vert », en raison de la couleur du document de convocation que la préfecture de Police fait parvenir « pour examen de situation » aux milliers de Juifs visés par cette application des politiques antisémites et xénophobes allemande et française. Les cinq lieux de convocation parisiens se révèlent rapidement être des lieux d’arrestation pour ceux qui s’y rendent : la caserne Napoléon (IVe arrondissement), la caserne des Minimes (IIIe arr.), le 52 rue Edouard Pailleron (XIXe arr.), le 33 rue de la Grange-aux-belles (Xe arr.) et le gymnase Japy (XIe arr.).
Le jour même, 3 700 Juifs sont arrêtés. Il s’agit exclusivement d’hommes de 18 à 60 ans, aucune femme n’est convoquée par les forces de l’ordre. Sous la surveillance des policiers français puis des gendarmes, ils sont emmenés à la gare d’Austerlitz puis transférés en train et répartis dans deux camps d’internement situés dans le Loiret : Beaune-la-Rolande (2 000 hommes) et Pithiviers (1 700 hommes).
C’est en vertu de la loi antisémite vichyste du 4 octobre 1940 autorisant sur simple décision préfectorale l’internement des Juifs étrangers que les parisiens arrêtés sont détenus dans ces deux « camps spéciaux ». Ils y resteront plus d’un an avant d’être déportés au camp d’Auschwitz-Birkenau par les convois n°4 du 25 juin 1942, n°5 du 28 juin 1942 et n°6 du 17 juillet 1942.

Depuis le 10 mai et jusqu’au 31 décembre 2026, le Mémorial de la Shoah présente une exposition de photographies : « Images de la rafle du billet vert ».

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