
Il y a quelques jours nous célébrions la Journée nationale de la Résistance. La date du 27 mai est aussi celle d’un autre anniversaire : celui d’une panthéonisation.
Le 27 mai 2015 le Président de la République François Hollande fait entrer au Panthéon quatre personnalités emblématiques de la Résistance : Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay. « Quatre héros si différents par leurs origines, leurs opinions et leurs parcours. » pour reprendre les mots du Président.
Pierre Brossolette, journaliste et homme politique avant-guerre, rejoint le réseau du Musée de l’Homme au début de l’année 1941 puis intègre le réseau du colonel Rémy La Confrérie Notre-Dame, il part à Londres en avril 1942 et devient rapidement un des hauts responsables des services secrets de la France Combattante (BCRA), envoyé en France pour une nouvelle mission clandestine, il est arrêté à Audierne lors d’un contrôle de routine et est interné à la prison de Rennes le 5 février 1944 ; transféré à Paris au siège de la Gestapo avenue Foch, il se suicide le 22 mars 1944.
Geneviève de Gaulle-Anthonioz, nièce du général de Gaulle, entre dans la Résistance dès septembre 1940 à titre individuel avant d’apporter son aide au groupe du Musée de l’Homme puis au mouvement Défense de la France ; arrêtée le 20 juillet 1943, elle est internée à Fresnes puis déportée à Ravensbrück le 31 janvier 1944, elle est libérée du camp de Liebenau par la Croix-Rouge suédoise le 22 avril 1945. C’est au camp de Ravensbrück que Geneviève se lie d’amitié avec Germaine Tillion, elle aussi résistante déportée.
Germaine Tillion, ethnologue, diplômée de l’EPHE, organise de premières actions contre l’occupant en juillet 1940 en compagnie de Paul Hauet. À l’automne elle retrouve ses amis du Musée de l’Homme et y fait la connaissance de Boris Vildé, tous engagés dans la Résistance. Germaine Tillion est arrêtée le 13 mai 1942, incarcérée à la Santé puis à Fresnes. Elle est déportée comme NN à Ravensbrück le 21 octobre 1943. Germaine Tillion est libérée par la Croix-Rouge suédoise le 23 avril 1945.
Jean Zay, journaliste, avocat et homme public, est nommé en juin 1936 ministre de l’Education nationale et des Beaux-Arts par Léon Blum, président du Conseil du gouvernement du Front Populaire. Emprisonné par Vichy à la suite d’un simulacre de procès qui se tient le 4 octobre 1940, Jean Zay est interné successivement à la prison militaire de Clermont-Ferrand, au fort Saint-Nicolas de Marseille puis à la maison d’arrêt de Riom. Le 20 juin 1944 des Miliciens viennent l’y chercher pour l’assassiner dans un bois près de Cusset (Allier).
« Deux hommes, deux femmes, qui incarnent la Résistance. Pas toute la Résistance, la Résistance a tant de visages : des glorieux, des anonymes, ces soutiers de la gloire, ces soldats de l’ombre qui ont patiemment construit leurs réseaux. Ces partisans pour qui la défense de la patrie s’ajoutait à l’idéal qui les transcendait. Il y avait des Français, il y avait des étrangers qui étaient venus donner leur sang au sol qui les avait accueillis. La Résistance a tant de martyrs : des fusillés, des déportés, des torturés. […] Ce qu’ils voulaient être, c’est être tous compagnons de la même Libération ». (Déclaration de M. François Hollande, président de la République, le 27 mai 2015).

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