Le 20 août 1940, un train transportant environ 900 réfugiés espagnols (hommes, femmes et enfants) quitte la gare d’Angoulême dans l’après-midi à destination du Reich.
Après quatre jours de voyage, il atteint la gare de Mauthausen en Autriche. Là, seuls les hommes, y compris très jeunes, sont débarqués des wagons et immatriculés. Puis le train repart et rejoint l’Espagne le 1er septembre. Ce transport organisé moins de deux mois après la signature de l’armistice est le premier à quitter la France, et plus largement l’Europe occidentale, pour un camp de concentration nazi.
Qui sont ces déportés ? Le camp d’hébergement des Alliers, créé à Angoulême par l’administration française, accueille en juillet 1940 environ 1500 réfugiés espagnols de la Retirada. À la suite de sabotages dans la Poudrerie de la ville et de l’agression d’un soldat de la Wehrmacht, les autorités allemandes décident de punir ceux qu’elles considèrent comme les responsables de ces attaques et raflent des centaines d’Espagnols dans le camp des Alliers avant de les entasser dans des wagons de marchandises.
À Mauthausen, les 430 déportés d’Angoulême reçoivent sur leur tenue rayée le triangle bleu réservé aux apatrides, Franco les ayant déchus de la citoyenneté espagnole. Il est marqué toutefois de la lettre S pour Spanier (Espagnol). Ce n’est qu’en 1943 que les 442 femmes et enfants du convoi d’Angoulême rapatriés en Espagne pourront échanger des courriers avec leurs proches, survivants, détenus à Mauthausen.
Envoyés pour la plupart au travail forcé à la carrière de granite (Wiener Graben) puis au début de l’année 1941 au kommando de Gusen, les déportés espagnols meurent rapidement en grand nombre. Sur les 430 déportés du convoi, 354 décèdent en déportation dont 59 gazés au château de Hartheim.


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